Trop vieux pour décrocher un bon job ?

Posté le 20/06/2016 dans Généralités Réseau

Trop vieux pour décrocher un bon job ?

La discrimination liée à l’âge constitue une plaie béante sur le marché de l’emploi en France. En effet, beaucoup de recruteurs considèrent – sans l’avouer, même sous la torture – qu’un candidat est sénior, donc périmé et bon à jeter, à partir de 47 – 48 ans !
Certes, la loi interdit d’éliminer un postulant à cause de son âge lors d’un entretien d’embauche, mais le monde du recrutement s’en fiche complétement. Le phénomène est tel que les séniors se découragent et baissent les bras devant ce mur de l’emploi hérissé de barbelés infranchissables qui se dresse devant eux.
Pourquoi on en est arrivé là ?
Et que faire pour passer de l’autre côté du mur et décrocher le CDI tant convoité ?

Comment l’âge est devenu un critère de discrimination

La majorité des candidats ayant atteint la cinquantaine savent qu’ils vont devoir ramer pour trouver un prochain poste. Ils ont raison car le marché de l’emploi français est frappé d’artériosclérose sévère. La perception de l’âge des candidats par les recruteurs est pervertie depuis plus de trente années. La retraite à soixante ans instituée en 1981et le système des préretraites, financé en grande partie par les finances publiques, qui s’est développé dans les années 85-95 ont imprégné profondément et négativement l’inconscient collectif des spécialistes du recrutement.

Et, bien entendu, tout ce petit monde explique que c’est la faute de l’autre. Le chasseur de têtes vous explique que c’est le DRH client qui veut des clones plus jeunes. Le DRH vous confie que c’est son patron, souvent âgé, qui veut s’entourer de jeunes quadras. Et le DG vous expliquera que ses actionnaires le pousse à « recruter du jeune » pour investir sur l’avenir…
Ecoutons un instant toutes les bonnes raisons qu’évoque aujourd’hui un recruteur, en privé bien entendu, pour ne pas engager un quinqua. Il nous parle de rémunération élevée, de motivation émoussée, d’énergie épuisée, de fatigabilité accentuée, de capacité d’adaptation limitée, d’état de santé détérioré, de résistance élevée au digital, etc.

L’arme absolu des séniors : le Réseau

Face à cette dictature de l’âge, la meilleure solution réside dans le Networking. En effet, plus que jamais, les quinquas en recherche d’emploi doivent choisir entre Networking et Not Working. Car si, bien entendu, le sénior doit activer les chasseurs de têtes, les cabinets de recrutement et être en veille attentive sur les jobboards, le Réseau représente assurément la solution la plus sûre et la plus efficace pour décrocher le graal. Encore faut-il connaître les règles et les meilleures pratiques du Networking ! Il existe d’excellents livres à lire sur ce sujet dont nous ne ferons pas la publicité ici.

Le Réseautage en recherche d’emploi consiste à se rendre visible et lisible dans l’écosystème défini par son projet et ses cibles. Il commande de rencontrer un maximum de connecteurs, veilleurs, informateurs, prescripteurs et enfin décideurs pour détecter les jobs qui pullulent sur le marché caché. C’est un travail à temps complet qui, bien effectué, produit ses effets positifs au bout de quelques mois.

Avec le Réseau, même à plus de 60 ans, rien n’est perdu. La meilleure façon de lutter contre les préjugés liés à l’âge consiste non seulement à réseauter activement mais aussi à donner envie. Il est effet essentiel que le candidat suscite le désir de l’aider chez les personnes qu’il rencontre ! Cette envie de donner un coup de pouce est déterminée par la façon dont il aborde ses rendez-vous Réseau. S’il est amer, aigri, négatif et agressif, il ne suscitera aucun désir chez son interlocuteur de le faire rebondir. En revanche, si son discours est positif, argumenté et résolument tourné vers l’avenir, il balayera les a priori et convaincra.

L’état d’esprit : un facteur clé de succès

Afin de mettre toutes les chances de son côté lors des entretiens réseau, le sénior doit afficher sa motivation et sa détermination. Son attitude et son énergie font la différence.

Pour lui, prendre conscience de ses forces est le premier pas vers la reconquête d’un job. Le préjugé relatif à l’âge est d’autant plus dangereux qu’il est inscrit dans le cerveau ! Le pire ennemi du quinqua dans le Réseau, c’est lui-même. S’il considère qu’il est trop vieux et que le marché ne veut plus de lui, il transmet sans s’en rendre compte ce message aux personnes qui prennent le temps de le recevoir. C’est donc son mental qui fait la différence. D’où l’importance de partir en recherche avec un état d’esprit de gagnant et surtout de le garder jusqu’au succès.

La deuxième priorité du quinqua consiste à se réapproprier ses différents atouts professionnels. L’expérience du sénior est en effet gage de sécurité et de confiance. Il possède également une disponibilité, voire une mobilité, que les quadras, encore chargés de famille, n’ont pas. La propension à la fidélité est a priori plus importante, car le sénior ne cherchera sans doute pas à changer d’emploi tous les deux ou trois ans en succombant aux propositions alléchantes de la concurrence. Il peut aussi arguer de son esprit d’équipe et de sens du jeu collectif.

Il est enfin nécessaire, pour lui, de savoir évoquer rapidement son passé pour se projeter positivement vers l’avenir. Il doit tenir un discours tourné vers le futur pour éviter d’apparaitre comme l’insupportable ancien combattant. Last but not least, le quinqua doit afficher une curiosité à toute épreuve : il doit être au taquet sur LinkedIn et sur Twitter et s’intéresser de près aux enjeux actuels des entreprises : transformation digitale, uberisation, gestion des différentes générations, conséquences du brexit, etc.

Le bon message et la bonne image

Pour réussir dans sa recherche d’emploi, le candidat sénior doit être particulièrement attentif aux messages verbaux et non verbaux qu’il fait passer. Ainsi, il ne faut surtout pas qu’il évoque son âge en entretien. Dans la mesure où l’on ne retient que deux ou trois points essentiels sur le candidat à l’issue d’un rendez-vous, il faut que ses compétences, son objectif et l’énergie positive qu’il dégage soient les principales aspérités dont on se souvienne.

A bannir également dans le discours, l’emploi de mots, d’expressions ou de story telling qui sonnent « vieux ». Il convient de connaître le vocabulaire de son époque et de l’utiliser à bon escient sans cependant tomber dans la caricature ridicule du quinqua qui veut faire jeune !

Pour éviter d’être pénalisé par son âge, il faut aussi que le sénior porte une attention particulière à son look. Cela passe d’abord par la façon dont il s’habille. Un costume daté, une cravate démodée, une chemise élimée, des chaussures à pompons d’un autre siècle classent tout de suite le candidat dans la catégorie non enviables des mammouths incasables. Idem pour les accessoires comme les lunettes, la montre, le téléphone portable, etc. Bien évidemment, il ne s’agit pas de recourir à la chirurgie esthétique mais simplement de soigner son apparence pour se donner toutes les chances de succès.

La maturité doit rayonner. Pour cela, il est important de conserver une bonne hygiène de vie. Une transition professionnelle constitue l’occasion de mettre en cause certaines mauvaises habitudes comme l’alcool, le tabac, l’absence de sport. Je connais quelques quinquas qui montent cinq étages à pied sans être essoufflés, alors que beaucoup de leurs jeunes collègues attendent systématiquement l’ascenseur pour éviter tout effort physique.

Comment démarrer son activation Réseau

Lorsque le candidat est prêt, bien sa tête et maître de ses atouts professionnels, il peut commencer son activation du Réseau en rencontrant cinq séniors qui ont retrouvé un job grâce au Networking. Il faut les écouter attentivement, noter leurs conseils et s’imprégner de leur succès. Il peut également rencontrer des jeunes retraités, dans la mesure où ceux-ci viennent de quitter le monde du travail et sont à même de lui donner du temps, des tuyaux et des conseils. Le candidat peut aussi identifier de futurs retraités et solliciter leurs conseils, avant qu’ils ne quittent leur dernier poste. Cela peut être l’occasion de capter le job qu’ils libèrent.

Les experts avec lesquels on a déjà travaillé constituent aussi des cibles de choix : les consultants, les avocats, les publicitaires, les commissaires aux comptes, etc. – reçoivent facilement et ont envie d’aider le professionnel en recherche d’emploi qui est un futur client potentiel.

Dans la démarche de Networking, le sénior peut facilement faire la différence sur l’excellence du suivi Réseau. Dans ce domaine particulier où le candidat plus jeune aura tendance à négliger le follow up et à faire du réseautage kleenex, le sénior a tout intérêt à tenir régulièrement au courant tous ses contacts pour être sûr que ceux-ci ne l’oublient pas et constituent un réseau de veilleurs sur d’éventuelles opportunités.

Méfiez-vous des toxiques

Le chemin vers le nouvel emploi est une course d’obstacles. Dans son activation du Réseau, le sénior va rencontrer des déceptions et des déconvenues. Il croisera ainsi le chemin de cet être particulier qui rôde dans le monde des affaires et que l’on appelle le « toxique ».

Ce nuisible se caractérise par le fait qu’il accueille sa proie en entretien Réseau pour mieux le démolir et anéantir son moral. Ses expressions favorites sont : « À votre âge, vous ne trouverez jamais. », « Je ne voudrais pas vous décourager mais pour vous, c’est foutu ! », « Moi, si j’étais à votre place, je jetterais l’éponge ». Le toxique possède ce talent d’instiller son poison avec une douce perversité.

Aussi, pour éviter d’être pollué par les nuisibles, il faut rapidement les détecter et les tenir à distance !
Même et surtout si le toxique est un proche !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *